Moteurs

Je ne connais pas son nom… Je n’ai que ses initiales : GTS

Il y a quelques années, j’ai réalisé un rêve de gosse en m’offrant une Porsche. N’ayant pas les moyens de réaliser ce rêve en grand, je me suis dirigé vers ce qu’il existait de plus accessible chez Porsche : une Cayman, d’occasion. Cette voiture est souvent décrite comme une « petite 911 » car elle garde la ligne générale de la Porsche mythique, mais est plus courte et propose 2 places (contre 4 pour la 911) et des performances plus timides. Produite depuis 2006, on en trouve d’occasion à un prix bien plus accessible que les 100 à 120k€ qu’il faut généralement débourser pour s’offrir une belle Porsche toute brillante.

Porsche-GTS-Roadtest

Au circuit et à la campagne

Avec le temps, ce que je pensais être un lot de consolation s’est avéré être une révélation. Cette petite voiture est incroyablement agile et agréable. Alors que je rêvais il y a quelques années d’avoir une « grande 911 », je n’envisage plus un seul instant de changer de modèle. On a traversé l’Italie, affronté la neige, et depuis qu’on est allé ensemble faire quelques tours de circuit, on est inséparables. Entre nous, ça roule.

Cela fait un bout de temps déjà que Porsche a lancé une nouvelle Cayman, bien plus belle et racée que celle qui squatte mon garage. Elle est gracieuse, mais elle ne m’a pas vraiment pris au cœur. Changer de voiture pour gagner 5 à 10% de puissance et avoir une ligne un peu plus moderne, ça ne me parlait pas. Et puis quand on aime, on ne compte plus. Les chiffres, ça reste des chiffres…

UNE VOITURE DE SPORT?

NON, UNE VOITURE DE COURSE

Mes certitudes ont pris un coup quand Porsche a présenté la nouvelle Cayman GTS. Après avoir suscité ma curiosité en image, elle a aiguisé mon appétit quand je l’ai vue en vrai et là, elle vient de faire chavirer mon cœur après l’avoir conduite. Tout a commencé en septembre sur le circuit des 24h du Mans où je suis allé promener ma « vieille » Cayman. On s’est retrouvé elle et moi sur la piste nez à nez (enfin, nez à derrière) avec une « nouvelle » Cayman GTS.

Porche-acheter

C’est un peu comme si j’étais en balade avec une femme que j’aime d’un amour inconditionnel et que j’avais un coup de cœur pour une autre. Et qu’il est évident qu’il faudra faire un choix. Et vite. En conduire une et avoir ses pensées ailleurs, est-ce honnête ? Mais est-ce sérieux de penser à quitter sa belle juste pour une rencontre furtive, car cette belle GTS bien montée nous est passée sous le nez à vive allure. On s’est croisé, et on en est resté là. Sans doute ne m’a t-elle même pas remarqué.

Porsche-Rouge

Quelques semaines après, j’ai parlé de mon coup de cœur à mon conseiller conjugal, un petit garagiste spécialisé dans les Porsche. « Ah, je vous comprends Olivier, un GTS c’est une autre catégorie de voiture. Vous passez d’une voiture de sport à une voiture de course ». Jusque là, je vous avoue que je n’avais pas perçu la différence. « Quoi, une voiture de sport n’est pas une voiture de course ? ». Question suivante : « Puis-je faire une infidélité à la mienne, et aller pénétrer dans le cockpit d’une GTS ? ». Bon, tant que personne ne le sait …

JE PENSE, ELLE EXECUTE

Alors me voici rendu, en toute discrétion un samedi d’automne, sur un circuit de l’ouest parisien pour mettre les mains sur le volant rond et doux de cette Cayman GTS qu’un complice complaisant eut la délicatesse de laisser à ma portée. Ce n’est pas vraiment une infidélité. Regarder, c’est autorisé. En plus, son « mec » est là, à coté de moi. Il joue le rôle du copilote instructeur. Il me guide, comme si c’était ma première fois.

Porsche-interior

Bien installé, je me mets à l’aise en elle. J’approche ma main gauche de la clé. Je la tourne. Mon pied est prêt à appuyer délicatement mais longuement sur l’accélérateur. Ma main droite hésite. Est-ce qu’elle doit venir tenir le volant, ou doit-elle jouer avec le levier de vitesse. C’est une « PDK » (boite automatique séquentielle), je suis libre de mettre ma main où je veux. Soit le levier, si j’ai envie de passer les vitesses « à l’ancienne », soit sur le volant, où je peux d’un petit coup de palette la faire passer du ciel à la terre.

Porsche-Sport-Plus

C’est elle, en blanc, la GTS que j’ai montée ce week-end

L’allemande sûre d’elle se prendrait presque pour une italienne…

Mr. O. Billon

J’en ai déjà trop dit. Je démarre. J’entre dans l’arène, un petit circuit où d’autres infidèles viennent tourner avec une complice. Pendant les tours préliminaires je caresse la route, quelques accélérations, je ne tire pas trop sur la corde. Le freinage est toujours doux, on se connaît à peine. Puis très vite les tours se suivent. Mon complice me propose de passer en mode « Sport ». Elle gémit, son pot d’échappement « pète » et un bruit plus rocailleux arrive. C’est presque un son de Maserati. L’allemande sûre d’elle se prendrait presque pour une italienne. Oh, j’aime ça.

A cet instant, je repense aux mots de Christophe le garagiste qui me parlait de la différence entre une voiture de sport et une voiture de course. Je comprends la différence. La voiture de sport se laisse dominer par son pilote. La voiture de course domine son pilote. Chaude, elle ne se laisse pas impressionner. Je lui donne des ordres : fais ci, fais ça. Va ici. Plus vite. FREINE. Encore plus vite. Oui. On y est. Elle va au-delà de mes attentes. Elle anticipe. Je freine fort, elle passe toute seule de la 4e à la 2e vitesse et me permet d’attaquer ce virage sans sentir la moindre vibration.

TOUT CELA N’EST PAS RAISONNABLE

Alors que je pensais avoir enfin trouvé une relation fusionnelle avec elle, son mec me signale sa présence. Il n’a rien contre un plan à trois, et me propose un challenge : « on passe sur le mode Sport Plus ». « Mais c’est quoi, ton Sport Plus ? » ; « C’est le niveau d’après, laisse-toi faire … ». Oh, vous allez me perdre. Ça va trop vite, ça fait trop de bruits, tout s’allume, tout s’agite, je suis comme un apprenti en plein rodéo, j’ai peur de perdre prise. « Mais ne t’inquiète pas, elle a l’habitude » me dit-il, la main sur ma main, comme pour me rassurer.

Porsche-GTS-Boot

Le tout sans accroc, sans violence. Ce n’est pas un rodéo ; c’est un tango.

Mr. O. Billon

J’ai chaud. C’est trop pour moi. Je sais que je fais une bêtise, c’est bon. On arrête avant d’aller au-delà de ce qui est acceptable. Je propose à mon complice de reprendre les choses en main. « Je peux te laisser me montrer comment tu la tiens ? ». Il accepte. On tourne, il passe à gauche, je passe à droite. GTS, est docile, elle ne dit rien. Il reste en mode « Sport Plus », il a l’habitude. Et il m’emmène faire quelques tours, c’est une démonstration, presque un jubilé. « Tu verras, quand tu seras habitué, tu y arriveras toi aussi ». Il attaque, il frôle, il pousse, il fait hurler. Mais le tout sans accroc, sans violence. Ce n’est pas un rodéo ; c’est un tango.

Ce qui n’étaient que des mots et des chiffres deviennent des sensations. 340 chevaux. 0 à 100 en 4,6 secondes. On me disait qu’elle adaptait ses amortisseurs en fonction du rythme de conduite. On m’a parlé d’une carrosserie surbaissée. Ce n’était que des mots, mais maintenant je comprends. Alors qu’il dirigeait la belle, et que j’observais de près, il me dit qu’elle avait la capacité de réaliser un blocage du différentiel arrière pour augmenter sa dynamique. Vous comprenez, vous ? Non, moi non plus. Je n’ai pas compris, mais moi, j’ai senti.

Et puis au bout de quelques temps, vint la fatigue. Physique, nerveuse. GTS n’a rien, elle est en pleine forme. Mais pour nous, cela dépasse nos capacités. Autant s’arrêter sur un moment pur, ça ne sert à rien de prolonger.

Porsche-upholstery

Voilà, j’ai été ce genre de mec qui ne sait pas se contenter de ce qu’il a. Ce salaud qui va chercher une dose d’endorphines ailleurs. Je n’en suis pas fier, mais au moins maintenant je peux faire un choix et me décider. Et puis au fond, on ne parle que d’un objet …

RETROUVEZ-LA

Si cet article n’est pas assez complet et technique à votre gout, vous pouvez aller faire un tour sur Top Gear pour retrouver toutes les informations sur ce bolide. Pour ceux qui sont en quête d’évasion, sachez que Porsche a lancé une application mobile « GTS Routes » avec plein d’itinéraires intéressants.

Share the love

Partagez votre avis