Style

MATERIALISTE X BALIBARIS

Avec une seule pièce, la cravate, Balibaris a dénoué les codes du style masculin… Depuis 2010, le vestiaire s’est complété et les collections s’harmonisent autour d’un noble dessein : revenir à l’essentiel, en misant sur des coupes justes et des matières nobles. Rencontre avec son fondateur, Paul Szczerba.

Trop preppy, trop urbain, trop rock : Paul Szczerba reproche aux enseignes pour hommes leur attitude segmentée. Il fonde Balibaris à la sortie d’HEC, qu’il imagine comme la solution pour ceux qui cherchent des essentiels de bonne qualité. Il faut donc frapper fort pour sortir du lot, car la mode masculine est un marché qui fait alors beaucoup fantasmer alors.

Ce sera la cravate, « un produit qui n’a pas de problème de taille, le parfait cadeau de Noël ». Ça tombe bien, le site de Balibaris est lancé le 1er décembre 2010. Mais deux jours après, Yann Barthès, présentateur du Petit Journal de Canal+, porte l’une de ces cravates. En seulement deux semaines, Balibaris vit sa première rupture de stock…

Début 2011, quelques accessoires s’associent aux cravates. « J’allais chercher moi-même les fournisseurs. C’était long, fastidieux. Mais on commençait à évoquer la traçabilité et je voulais que mes clients sachent d’où venaient les produits ». Balibaris n’est alors qu’un e-shop. C’est lorsque s’ajoute des tee-shirts que Paul Szczerba se décide à créer des collections régulières et surtout, ouvrir des boutiques.

En cinq ans, Balibaris est devenue une référence de la mode pour hommes. L’offre est simple, mais efficace : des indispensables du vestiaire masculin, de jolies matières et des coupes modernes. « Une élégance discrète, jamais de détail superflu, pas de logo ostentatoire… Je veux habiller une large clientèle dans un esprit parisien, sans avoir la prétention d’être créateur ou exclusif ».

Paul Szczerba espère que sa marque gagnera en notoriété d’ici dix ans, et pour cela, c’est tout un univers qu’il doit imposer. « Je ne veux pas créer une chaîne avec des adresses à tous les coins de rues, mais je veux voir Balibaris dans de nombreuses villes, et à l’internationale ». Une vraie signature Balibaris qui habillerait les hommes du monde entier avec goût et fonctionnalité. « J’aime l’idée qu’un client reviennent tous les six mois pour alimenter sa garde-robe ».

Une référence ? Aussi bien Romain Duris que Roger Federer. Balibaris s’adresse à tous ceux qui se sentent bien dans un style chic et décontracté, mais surtout, qui prennent du plaisir à s’habiller sans en faire une priorité chaque matin. « Je suis très admiratif de Ralph Lauren et Paul Smith », évoque Paul Szczerba, évoquant davantage la pérennité de leurs entreprises que leur vision du style. Le fondateur de Balibaris s’enthousiasme de la pluralité que lui offre sa fonction, être aussi bien créatif que rationnel, créer des façons de communiquer, bâtir un univers…

Mais attention, univers ne s’incarne pas dans un concept imposé. « Je veux que chaque boutique ait sa propre personnalité. L’expérience client n’en sera que plus inédite. ». C’est également en travaillant sur la notion de prix juste que Paul Szczerba entend s’adresser à ses clients. « Avoir des belles matières, une belle facture et un prix qui reflète cela, pas plus ». Le parfait mélange entre qualité et façon.

Quand au made in France, « ce n’est pas une fin en soit » explique-t-il. « Pour moi, la qualité prime sur la provenance. Si je faisais faire mes chemises en France, elles passeraient à 200 euros, et je ne suis pas certain que la qualité serait meilleure ». Si une collaboration ou une collection capsule ne sont pas d’actualité, Balibaris poursuit son aventure en restant fidèle à ses desseins premiers et ses codes stylistiques. Une saga dont le succès n’a rien de fictif pour cette enseigne qui aime s’inspirer de personnages cinématographiques…

www.balibaris.com

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